• Sami le noble

    En quelques jours à peine j'ai vu les spectacles de Claudia Tagbo et de Sami Ameziane, alias Le Comte de Bouderbala. Oh que j'aime cette fin d'année placée sous le signe de l'humour. 

    Le Comte dont l'expérience atypique va de la vie de basketteur professionnel à celle de prof en zep, en passant par celle d'artiste de stand up à New York, égratigne les stéréotypes des sociétés françaises et américaines.

    Sami Ameziane a grandi à Saint Denis, a fait des études aux Etats-Unis et livre dans son spectacle sa vision du basket, du show business, du rap, de la mendicité, des relations homme-femme. Le style est percutant, dynamique, drôle et n'épargne personne : Juifs, Musulmans, Chinois, etc... sont raillés, mais toujours avec respect et humour bien sûr.

    J'ai adoré le passage sur les rappeurs et leurs piètres connaissances de la langue française, la comparaison du basket aux Etats-Unis et en France, l'évocation des systèmes de santé là-bas et chez nous, le fait que Le Comte se moque des racailles de banlieue.

    Le spectacle n'aborde pas des thèmes originaux mais la mise en scène énergique et les nombreux échanges avec le public m'ont plû ainsi qu'au reste du public si je me fie aux applaudissements nourris et aux éclats de rire communicatifs autour de moi. 


    2 commentaires
  • Une fois encore ma revue ciné se résume à un seul film, Les garçons et Guillaume, à table ! de Guillaume Gallienne. Je privilégie la qualité à la quantité, un signe de sagesse sans doute !

    Ma (toute petite) revue ciné de novembre (et avec un peu de retard)

    C'est l'histoire de Guillaume Gallienne, en adoration devant sa mère, une grande bourgeoise distante et péremptoire à qui l'enfant s'identifie. Le garçon est élevé à l'écart de ses frères car il est assimilé à une fille. En effet, Guillaume aime les spas, (s'habiller comme) Sissi impératrice, aller chez le coiffeur et déteste le rugby, la chasse et l'aviron.

    Guillaume Gallienne interprète son propre rôle mais aussi celui de sa mère. J'ai adoré la mise en scène qui comporte des rappels au théâtre (avant d'être un film cette histoire avait fait l'objet d'une pièce de théâtre). J'ai également adoré l'intelligence du scénario, oscillant entre vraie pudeur et fausse exubérance de manière très subtile. Ce film nous interroge sur la construction de l'identité, sur l'impact du regard des autres sur cette construction et sur le processus du développement de la personnalité. Bref, ce film est profond.

    D'ailleurs voici une citation du héros que je vous laisse méditer... Je veux écrire un spectacle dont le sujet sera "comment un garçon hétéro peut trouver sa place dans une famille qui le considère comme un homo". 

    Avez-vous vu ce film ? L'avez-vous apprécié ? 


    5 commentaires
  • st-art 2013

    En 4 ans je suis allée à la Foire Européenne d'Art Contemporain à 3 reprises et je regrette tellement ma paresse de l'année dernière... Des fois je pourrais vraiment me mettre des claques...

    Après l'impasse de 2012 (et la visite de 2011) j'étais plus qu'enthousiaste de retrouver l'ambiance feutrée et pourtant si vivante de st-art, ambiance dans laquelle je me sens bien, loin de mon univers quotidien.

    J'aime déambuler entre les oeuvres, j'aime écouter les explications enjouées des galeristes sur leurs coups de coeur, sur les créations qui m'interpellent et j'aime rêver du tableau ou de la photo que je pourrai peut-être m'offrir un jour. J'aime aussi la variété des styles, des disciplines (photo, sculpture, peinture) et des langues qu'ont peut entendre dans les allées de cette foire qui regroupe des oeuvres proposées par des galeries originaires de plusieurs pays européens. 

    Et puis j'aime observer les visiteurs, simples badauds, collectionneurs, étudiants en art. Ils ont tous dans les yeux la curiosité et l'étincelle des gens intelligents. Et certains ont le chéquier à portée de main ! 

    Cette année j'ai été frappée par le nombre de tableaux inspirés par New York et puis j'ai adoré contempler des oeuvres qui m'ont rappelé l'exposition que j'ai vue à Paris cet été. J'ai notamment adoré me retrouver nez-à-nez avec un tableau du grand Vasarely. Quelle heureuse surprise ! 

    En tant qu'amoureuse des paysages urbains j'ai également été ravie de pouvoir admirer d'intéressantes représentations urbaines : New York donc, mais aussi Paris ou Madrid, en couleur ou en noir et blanc. Un pur bonheur pour mes yeux !

    Cette 18è édition de st-art a confirmé que je suis sensible à l'art cinétique, que j'aime les villes et que cette manifestation artistique est devenue pour moi un incontournable de l'automne à Strasbourg. st-art est d'ailleurs la première foire d'art contemporain française hors Paris. Comme quoi il y a de la vie, et quelle belle vie, en province ! 


    votre commentaire
  • Crazy

    Claudia Tagbo, dans mon esprit, est une artiste charmeuse, énergique et autoritaire, bref, l'incarnation de la femme actuelle, indépendante et libérée. Et Crazy, son spectacle, confirme cette image. 

    Claudia Tagbo impose sa présence et ses formes généreuses dès son entrée sur scène, accompagnée d'une musique pêchue et d'une chorégraphie à l'avenant.

    Dans son one-woman show, Claudia Tagbo décrit le monde à sa façon. Dans ce registre, j'ai adoré les portraits comparés des athlètes américains et français, des actrices d'Outre-Atlantique et des Françaises, les uns étant dans le show et le glamour, les autres dans les résultats moyens, voire nuls et l'intellectualisation ! J'ai aimé la façon bien sentie dont Claudia Tagbo décrit les comportements masculins et féminins, de la lâcheté des uns à la tyrannie du physique que s'imposent les autres. A propos de physique, elle compare les filles minces à des Mr Freeze et les rondes à des Haagen Daz ! Hilarant ! J'ai particulièrement aimé l'évocation de l'arrivée de la famille Tagbo en France, dans le 4-8, la Lozère, là où la bourrée est plus populaire que le rap ou le r&b ! Quel choc culturel ! Ce passage sur la famille africaine, la sévérité de l'éducation et l'intégration est une vraie réussite.

    Claudia Tagbo partage véritablement un moment avec son public qu'elle fait participer à son spectacle (mis en scène par Fabrice Eboué, un autre artiste issu du Jamel Comedy Club). Elle prend à partie certains spectateurs, en fait monter d'autres sur scène, entraîne la salle dans un gospel (laïque) et initie une séance de hugs. J'ai adoré !

    Dans un registre plus intime et plus grave, elle nous a parlé du cancer du sein qu'elle a vaincu, exhortant toutes les femmes à faire une mammographie ou au moins à se palper sous la douche. Cette séquence a révélé une immense sensibilité et a conforté la bienveillance et la confiance aussi que Claudia Tagbo offre à son public.

    J'ai été touchée par l'authenticité de cette artiste qui est avant tout une femme consciente de la fragilité et de la beauté de la vie. 


    votre commentaire
  • Une vie de pintade à Berlin d'Hélène Kohl

    Après avoir passé quelques jours à Berlin j'ai eu envie de prolonger ma découverte de cette ville dans mon salon, confortablement installée sur mon canapé !

    Au cours de ma lecture voilà 2-3 choses que j'ai apprises sur la capitale allemande et ses habitant(e)s : 

    - la moitié de la population a moins de 35 ans et 12 % des Berlinois sont nés à l'étranger. Berlin est la capitale européenne de la fête.

    - le look de la Berlinoise est confortable, pratique, vintage voire même fait maison. La Berlinoise ne se sape pas pour sortir. Bref, à bas le conformisme !

    - Berlin est une ville gay et lesbienne dont le maire est lui-même homosexuel.

    - la Berlinoise a l'art de remettre au coeur du débat les choses du corps, le nudisme est fréquent.

    - Berlin est une ville délurée où l'on trouve des agences d'adultère et où la prostitution ne se cache pas.

    - les loyers sont faibles, certainement du fait de la faible densité démographique : 4260 habitants/km2 contre 20800 à Paris !

    - Berlin est une ville de liberté, de spontanéité. Elle a une capacité à braver les barrières et à tolérer les mélanges.

    - la Berlinoise assume son âge, adore les tatouages, les séances d'UV et a découvert l'épilation il y a peu.

    - les crèches, garderies et jardins d'enfants sont bien plus nombreux ici que partout ailleurs en Allemagne. C'est un héritage du modèle familial de l'Est. Ici la maternité est vécue comme une profession. La Berlinoise accouche à domicile et allaite (très longtemps) son enfant.

    - la Berlinoise est féministe, émancipée. "Nous n'avons pas besoin des hommes" est son credo.

    - il y a peu de bourgeoises à Berlin. Celles-ci ont fui à Francfort, Cologne et en Bavière.

    - la Berlinoise n'est pas un cordon bleu. Elle préfère fréquenter les bars qui sont une sorte d'extension de son salon pour y boire une bière ou une limonade.

    Ce que dit la 4è de couverture : ""Je n'ai pas peur" est leur credo : féministes, enivrées de liberté, les Berlinoises portent leur ville chevillée au corps. Elles sont DJettes, designers, actrices porno-lesbiennes ou mères de famille... Toujours sans fards et sans artifices, elles pensent que la mode doit être pratique avant tout, pour leur permettre de filer à vélo le long de la Spree ou le faire la fête jusqu'au bout de la nuit. Leurs cafés sont légendaires, leurs brunchs dominicaus incontournables, sans parler de leur célèbre currywurst ! Et qu'on ne vienne pas leur dire qu'à Berlin l'hiver est trop long : les saunas sont là pour réchauffer les corps et les marchés de Noël pour réchauffer les coeurs. A la fois étude de moeurs, galerie de portraits et guide pratique, cet ouvrage vous donnera leurs adresses les plus pointues. Une Pintade n'est ni une poule ni une dinde et certainement pas une bécasse, mais le symbole de la femme d'aujourd'hui, sérieuse et frivole à la fois !" 

    J'ai aimé me plonger dans ce livre qui m'a fait retrouver une ambiance à laquelle j'ai un peu goûté il y a quelques semaines. Et vous, ça vous donne envie de découvrir Berlin ?  


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique